Un touriste irlandais menace une personne juive : sur CNews, les Maghrébins deviennent encore une fois les coupables désignés
Alors qu’un fait divers concerne un touriste irlandais, Raphaël Stainville détourne immédiatement le sujet pour mettre en cause les jeunes issus de l’immigration maghrébine et subsaharienne
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Une nouvelle fois, les Maghrébins se retrouvent au centre d’un discours qui ne les concerne pourtant absolument pas.
Dans un extrait diffusé sur CNews, un sujet est consacré à un touriste irlandais accusé d'avoir proféré des menaces à l'encontre d'une personne juive.
Jusque-là, les faits sont clairs : une personne est mise en cause pour ses propres propos.
Mais plutôt que de rester concentré sur cette affaire, Raphaël Stainville, journaliste au JDD, décide immédiatement de déplacer le débat vers les populations maghrébines et subsahariennes.
Il affirme notamment :
« Il faudrait pas se tromper de sujet, le sujet c’est moins l’antisémitisme qui s’exprime dans la bouche de ce touriste irlandais que ce nouvel antisémitisme, qui s’exprime en France notamment chez ces jeunes venus d’une immigration maghrébine et subsaharienne, qui ne font qu’accroître cet antisémitisme.»
Quel rapport avec les Maghrébins ?
C’est précisément là que se trouve le problème. Le mis en cause est un touriste irlandais.
Pourtant, en quelques secondes, Raphaël Stainville parvient à ramener la discussion sur les jeunes issus de l’immigration maghrébine et subsaharienne.
Pourquoi ? Quel élément de cette affaire permet de faire ce rapprochement ?
Aucun.
Les Maghrébins ne sont ni les auteurs de cette menace, ni les protagonistes de cette affaire. Pourtant, ils sont une nouvelle fois présentés comme une composante du problème.
Une méthode devenue récurrente
Il ne s’agit plus simplement de commenter un fait divers.
Le procédé consiste à partir d'un événement précis, impliquant des individus précis, puis à élargir immédiatement le sujet à une population entière qui n’a aucun lien avec l’affaire.
Un Irlandais tient des propos graves ?
On parle des Maghrébins.
Un individu commet un acte répréhensible ?
On explique ensuite que cela serait révélateur d’un problème lié à l’immigration maghrébine.
À force, ce n’est plus de l’analyse : c’est un récit construit à partir d’amalgames.
Et cet amalgame est particulièrement problématique lorsqu’il vise systématiquement les mêmes populations.
Les faits semblent passer au second plan
Le plus révélateur dans cette séquence est finalement la rapidité avec laquelle le sujet est détourné.
Au lieu de s’interroger uniquement sur les faits rapportés et sur leur auteur, le discours revient immédiatement à un thème bien connu : l’immigration maghrébine et subsaharienne comme responsable supposée d’une partie des problèmes de la société française.
Cette manière de procéder permet de faire passer un message qui dépasse largement l’affaire initiale.
Le problème n’est donc pas de parler d’antisémitisme.
Le problème est de saisir chaque occasion pour désigner les Maghrébins comme responsables, y compris lorsqu’ils n’ont absolument aucun rapport avec les faits.
Une propagande qui repose sur l’amalgame
Les Maghrébins n’ont pas à être convoqués dans chaque fait divers pour servir de justification à un discours politique ou idéologique.
Et surtout, il faut arrêter de faire passer ces amalgames pour des analyses objectives.
Lorsqu’un événement impliquant un individu irlandais devient, en quelques secondes, une occasion de parler des « jeunes venus d’une immigration maghrébine et subsaharienne », il est légitime de se demander si l’objectif est réellement d’expliquer l’affaire ou simplement de répéter une propagande visant toujours les mêmes populations.
Les faits doivent être traités comme des faits.
Les Maghrébins n’ont pas à porter la responsabilité d’actes auxquels ils sont totalement étrangers.