Un imam de Nice porte plainte contre Gilbert Collard, CNews et le journal Frontières

ACTUALITÉS

3/21/20262 min read

Otmane Aïssaoui, imam de la mosquée Ar-Rahma de Nice et président de l’Union des musulmans des Alpes-Maritimes, a déposé plainte contre l’ancien député d’extrême droite Gilbert Collard, ainsi que contre la chaîne CNews et le magazine Frontières.

En cause : la diffusion d’une vidéo et de propos l’accusant d’être proche des Frères musulmans et d’exercer une influence sur le vote de la communauté musulmane niçoise.

« Tout est permis, même de nous mettre une cible dans le dos »

Otmane Aissaoui dénonce « un montage vidéo où ont été collées des séquences qui n’ont rien à voir et qui laisse croire qu’[il a] appelé à voter Estrosi ».

Il dément et donne sa version : « Des fidèles sont venus me voir, nombreux et soucieux dans cette campagne. Je leur ai conseillé d’aller voter sans donner de consigne de vote, comme l’ont fait les catholiques ou encore le consistoire juif. Ces échanges ont eu lieu en dehors des temps de prières. La mosquée n’est pas un lieu politique et ce n’est pas à l’imam de dicter le vote : chacun est libre dans l’isoloir ».

Sur les accusations de frérisme, Otmane Aïssaoui renvoie au rapport consacré à « l’islamisme politique et la mouvance des Frères musulmans », commandé par Emmanuel Macron et rendu public en mai 2025 : « Aucune mosquée des Alpes-Maritimes n’est citée dans ce rapport et évidemment mon nom n’apparaît nulle part ».

« Ça, ce sont les faits. Après dans cette campagne électorale particulièrement nauséabonde, tout semble permis même de mettre une cible dans le dos des musulmans », s’insurge le prédicateur qui avait déjà dû, la semaine dernière, apporter les factures acquittées par virement bancaire (que Var-Matin a pu consulter) de la location du palais des expositions pour tordre le cou à la rumeur, d’une salle offerte par Christian Estrosi en échange de voix.

« Ils ont instrumentalisé la communauté musulmane »

Le président de l'Union des musulmans des Alpes-Maritimes nie ces accusations en bloc. "Je suis président d'une communauté musulmane assez grande. Ils sont très intelligents et ils voteront qui ils veulent", tranche Otmane Aïssaoui, avant d'ajouter : "Il y a des musulmans qui voteront Ciotti, des musulmans qui voteront Estrosi, des musulmans qui voteront la gauche. Il n'y a aucun problème. Comme dans toutes les communautés religieuses. Chacun est libre."

"Manipuler pour dire qu'Estrosi est porté par telle communauté [...] Ils ont instrumentalisé la communauté musulmane pour leur profit à eux, malheureusement", dénonce l'imam niçois. Il espère que "les gens retrouveront la sérénité".