TRIBUNE : Jusqu’à quand le mépris d’Aurore Bergé envers les Maghrébins sera-t-il toléré ?
Le silence assourdissant d’une ministre face aux violences ciblées.
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Il y a quelques jours, une vidéo choquante a provoqué une vague d’indignation légitime. On y voit plusieurs individus entonner des chants haineux visant les Maghrébins, usant ouvertement du terme « bougnoule » lors de la fête de Marboz.
Des propos d’une violence raciste assumée. Des propos qui ne relèvent pas d'une simple « erreur de parcours », mais d’une haine décomplexée ciblant toute une partie de la population française.
La justice a été saisie et des investigations sont en cours. Mais une question brûlante demeure : où est la réaction d’Aurore Bergé, ministre censée être chargée de l’Égalité et de la lutte contre les discriminations ?
Une fois de plus, son silence est assourdissant.
Quand les victimes sont maghrébines, le silence devient une habitude.
Le problème ne se limite pas à l'affaire de Marboz. Le mal est bien plus profond.
Depuis plusieurs années, le même constat s'impose : Aurore Bergé brille par son absence dès lors qu'il s'agit de condamner les crimes, les agressions ou les campagnes de haine visant les citoyens d’origine maghrébine.
Janvier 2026 (Affaire Nourrisson Zaïd) : Ciblé par une campagne raciste massive dont notre plateforme avait identifié plusieurs auteurs présumés, ce bébé n'a suscité aucune réaction forte du ministère. Il aura fallu que notre dossier prenne une dimension internationale, notamment au Maghreb et en Turquie, pour qu’Aurore Bergé daigne enfin s’exprimer. Faut-il systématiquement que la colère dépasse les frontières pour que nos victimes soient reconnues ?
Mars 2025 (La loi des séries) : En l'espace d'un mois, une association maghrébine est visée par des tirs, une famille est contrainte de vendre son commerce sous la pression du racisme, une vague de tags haineux frappe des habitants ciblés et plusieurs mères de famille sont agressées. Bilan ministériel : pas un communiqué, pas une déclaration, pas même un tweet.
Février 2025 (L'indifférence face au danger) : Des mosquées ciblées, des alertes à la bombe répétées, des violences visant des musulmans... Et toujours ce même néant institutionnel.
Cette amnésie sélective est inacceptable. Lorsqu'on occupe la charge de combattre TOUTES les formes de haine, son devoir n'est pas de faire le tri entre les victimes fréquentables et celles qu'on peut passer sous silence.
Joris Laurencin : le drame de trop, le mépris de trop.
Aujourd'hui, un cap tragique a été franchi dans l'horreur.
Joris Laurencin, 21 ans, d’origine algérienne, s’est suicidé d’une balle dans la tête après avoir été poussé à bout par le racisme.
Face à ce drame absolu, quelle a été la réaction d'Aurore Bergé ? Aucune. Pas un hommage, pas une dénonciation, pas un mot de compassion. Ce mépris est perçu comme une seconde violence faite à la mémoire de ce jeune homme et à sa famille.
Le deux poids, deux mesures est criant. Là où d'autres figures publiques, à l'image de Barbara Butch, ont bénéficié de plusieurs prises de parole de la ministre, d'un passage sur TF1 et d'une intervention à l'Assemblée nationale, le suicide d'un jeune homme de 21 ans d'origine Algérienne ne semble pas mériter 280 caractères sur les réseaux sociaux.
Une lutte contre le racisme ne peut pas être à géométrie variable.
Soyons clairs : si un citoyen s'était suicidé à la suite d’actes antisémites, la machine d'État se serait mobilisée à juste titre. Une condamnation ferme aurait été prononcée, des hommages nationaux organisés et une minute de silence observée dans l'hémicycle.
Et cela aurait été normal. Car chaque victime du racisme mérite la même dignité. Chaque haine doit être combattue avec la même férocité.
Mais aujourd'hui, les citoyens Français d'origine Maghrébine font le constat amer d'un déséquilibre béant. Ce sentiment de relégation n'est pas une vue de l'esprit, il est alimenté jour après jour par cette accumulation de silences complices.
Le silence institutionnel nourrit le séparatisme.
Le silence d'Aurore Bergé n'est pas un simple oubli : c'est un message politique. Et ce message renvoie des millions de citoyens au rang de Français de seconde zone.
Lorsqu'une communauté constate que ses drames sont systématiquement invisibilisés et ses martyrs ignorés, la confiance envers les institutions s'effondre.
Ce n'est pas le communautarisme qui crée la rupture, c'est l'abandon de la République qui pousse certains citoyens à chercher leur propre protection, jusqu'à ce que certains basculent dans le séparatisme.
Nous ne prônerons jamais le séparatisme. Toutefois, la solidarité communautaire cesse d'être une option : elle devient un devoir.
Car oui, certains n'hésitent pas à créer un amalgame entre séparatisme et communautarisme. Il est donc important de bien faire la distinction entre les deux : l'un crée la scission, l'autre crée la solidarité.
Nous ne demandons pas de faveurs, nous exigeons la justice.
Les Français d’origine Maghrébine ne réclament aucun privilège : ils exigent l'égalité stricte.
Ils exigent que leurs morts soient respectés. Ils exigent que leurs agresseurs soient dénoncés avec la même sévérité. Ils exigent de ne plus être considérés comme des citoyens de seconde zone, dont la présence n’est souvent reconnue qu’en période électorale.
Le mépris répété d'Aurore Bergé est un crachat au visage des victimes. Face à cette indifférence, nous ne baisserons ni les yeux ni les bras.
Nous continuerons à documenter, dénoncer et défendre les nôtres contre tous ceux qui préfèrent nous rendre invisibles.
Si certaines associations craignent de parler par peur de perdre leurs subventions, nous n'en avons pas. Si certains doivent se taire parce qu'ils sont dépendants, nous sommes indépendants. Si certains se taisent parce qu'ils espèrent se faire un nom à la télévision, cela nous est égal : nos équipes sont anonymes depuis le début. Si certains craignent de parler parce qu'ils espèrent obtenir un poste ou développer leur réseau, cela nous est également égal. Nos activités nous ont apporté bien plus de problèmes que de bénéfices, mais c'est un engagement idéologique.
Nous demandons simplement à la communauté de ne pas être défaitiste, d'arrêter de dépendre de X ou Y, et de ne pas tomber dans la haine des uns ou des autres. L'exemple que nous aimons citer, pour ceux qui nous suivent depuis des années, est celui du communautarisme chinois : travailleur, discret, il s'élève socialement et personne ne lui demande de comptes.
Vous n'avez besoin ni d'être sectaires, ni d'être haineux. Il suffit simplement d'œuvrer pour vos intérêts et d'accorder de la visibilité aux affaires qui sont en cours.











