Oignies : l'assistante d'une dentiste mise en examen pour l'assassinat de Linda Hassaini

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3/3/20263 min read

Le corps sans vie de Linda Hassaini, chirurgienne-dentiste de 49 ans d'origine maghrébine, a été découvert en novembre dernier dans son cabinet incendié. L'enquête, orientée vers la piste professionnelle et financière, a conduit à l'incarcération de son assistante et du compagnon de cette dernière.

Un meurtre dissimulé par un incendie

Le 20 novembre dernier, la rue Ernest-Renan à Oignies, dans le Pas-de-Calais, a été le théâtre d'un drame dont les contours criminels se précisent. À l'arrivée des sapeurs-pompiers et des services de police, le cabinet dentaire de la ville était la proie des flammes. À l'intérieur, dans une petite salle de stockage réservée au matériel médical, les secours ont fait la macabre découverte du corps de la docteure Linda Hassaini.

Les premières constatations ont rapidement écarté la thèse de la mort accidentelle par les flammes : la chirurgienne-dentiste présentait la trachée écrasée. Cette marque caractéristique d'une asphyxie mécanique indique que la praticienne de 49 ans était déjà décédée lorsque l'incendie s'est déclaré, suggérant une volonté délibérée d'effacer les traces du crime.

Le climat pesant d'un cabinet réputé

Issue de la communauté maghrébine, Linda Hassaini était une figure locale respectée. Cette mère de famille était unanimement décrite par sa patientèle et son entourage comme une professionnelle hautement compétente, très investie dans son travail et dotée de profondes qualités humaines.

Pourtant, l'atmosphère au sein du cabinet semblait s'être assombrie les semaines précédant le meurtre. À la mi-octobre, une patiente venue pour un détartrage de routine avait rapporté un climat pesant, décrivant une praticienne perturbée et dénuée de son enjouement habituel.

Une employée au-dessus de tout soupçon

C'est sur cette piste professionnelle que les enquêteurs ont concentré leurs investigations, menant, le 10 février dernier, à l'arrestation inattendue de Maeva V., l'assistante médicale de la victime.

Âgée de 38 ans et mère de deux grands enfants, cette employée de longue date a été mise en examen pour « assassinat » et « escroquerie », une information initialement dévoilée par La Voix du Nord. Cette interpellation a suscité la stupeur générale.

L'entourage professionnel décrivait en effet une relation de grande proximité entre les deux femmes, qui déjeunaient régulièrement ensemble au restaurant italien Mamma Carmelina situé face au cabinet. Le climat de confiance était tel que l'assistante se voyait parfois confier la garde des enfants de sa patronne.

Qualifiée de « sincère » et d'« insoupçonnable » par le voisinage, Maeva V. présente néanmoins un emploi du temps trouble le jour des faits. Selon les éléments de l'enquête, elle aurait quitté le cabinet aux alentours de 10 heures, soit environ quarante-cinq minutes avant que les riverains ne signalent les premières flammes.

La piste d'un mobile financier et l'implication du conjoint

Le mobile de ce passage à l'acte, qui semble s'ancrer dans des motivations financières, demeure au cœur des investigations. Les autorités étudient l'hypothèse de vols répétés dans la caisse du cabinet ou de détournements de matériel médical perpétrés par l'assistante Maeva V. La docteure Hassaini aurait pu découvrir ces malversations et menacer son employée de poursuites judiciaires, précipitant ainsi le drame.

Dans cette affaire, l'assistante n'est pas la seule mise en cause. Son compagnon, prénommé Florian et exerçant la profession de mécanicien, a également été écroué et mis en examen pour « complicité d'assassinat ».

L'homme était décrit par les riverains comme un individu au comportement étrange, désagréable et malpoli. Il s'était par ailleurs illustré de manière particulièrement violente en proférant, à plusieurs reprises, des menaces de mort à l'encontre d'un journaliste enquêtant sur le dossier.