Mars 2026 : une accélération alarmante des violences et dérives visant les Maghrébins
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Dans la continuité de notre analyse des mois de janvier et février 2026, marqués par une multiplication préoccupante des faits visant les Maghrébins, le mois de mars s’inscrit dans une dynamique d’intensification, tant par la gravité des actes recensés que par leur caractère désormais décomplexé, notamment lors de la période des élections municipales.
En l’espace de quelques semaines, assassinats, agressions racistes, propos publics assumés, dérives institutionnelles, manipulations politiques, campagnes de désinformation et appels explicites au terrorisme se sont succédé à un rythme particulièrement soutenu.
Les événements recensés ont atteint un niveau supérieur à celui cumulé des mois de janvier et février, une hausse qui présente une corrélation manifeste avec le contexte des élections municipales.
Discours publics et politiques : une radicalisation assumée
Le 1er mars, Damien Rieu est à l’origine d’une séquence ayant conduit la préfète du Rhône à déposer plainte après des menaces de mort en ligne. Sa publication, l’accusant « d’imposer des HLM », a généré des centaines de commentaires, dont plusieurs qualifiant les Maghrébins de « bougnoules ».
Le 3 mars, sur CNews, Vincent Hervouët déclare :
« La France doit être le seul pays arabe où l'on n'acclame pas aujourd'hui Donald Trump », dans la continuité de prises de position antérieures accusant les musulmans d’être responsables du mal-être des agriculteurs.
Le 4 mars, Jean-Claude Dassier, chroniqueur sur CNews et Europe 1, propose de « jeter dans la Méditerranée » des détenus maghrébins. Il sera écarté des deux antennes.
Le même jour, à Roanne, Éric Mercier, colistier de Fanny Fesnoux, est identifié comme étant derrière un compte anonyme diffusant des insultes racistes visant les Maghrébins.
Le 5 mars, des enregistrements audio mettent en cause le maire de Miramas, Frédéric Vigouroux, et plusieurs collaborateurs, évoquant la présence de « bougnoules » dans certains quartiers dans le cadre d’attributions de logements. Une plainte est déposée par Gérard Geron, conseiller municipal.
Le 6 mars, Vincent Thiery, colistier du maire de Saint-Raphaël Frédéric Masquelier, qualifie les Algériens de « peuple de cafards ». Malgré ses dénégations, nos preuves attestent de publications antérieures assumées.
Le 20 mars, le député RN Jean-Philippe Tanguy développe une diatribe contre le voile, affirmant que les femmes ne seront « jamais voilées en France », tout en se revendiquant de leur liberté.
Crimes, assassinats et violences physiques
Le 3 mars, à Oignies, Linda Hassaini, chirurgienne-dentiste de 39 ans d’origine maghrébine, est assassinée par son assistante Maeva V., qui incendie le cabinet pour dissimuler son crime. Son conjoint Florian est mis en cause pour complicité.
Le 5 mars, à Colombes, Saïd D., 83 ans, ancien travailleur immigré maghrébin, est retrouvé mort, poignardé à une dizaine de reprises.
Le 11 mars, dans l’affaire de l’assassinat de Hichem Miraoui, le terroriste Christophe Belgembe est accablé par un message vocal dans lequel il déclare :
« J’viens de niquer du bicot […] mon âme vaut plus que ces putains de bicots », revendiquant explicitement son acte.
Le 19 mars, à Combleux, un homme de 57 ans agresse un couple, insultant la femme voilée, menaçant de mort et évoquant les croisades. Il est condamné à un an de prison avec sursis.
Le 20 mars, à Lyon, un Maghrébin est violemment agressé par des ultras espagnols armés.
Le 25 mars, à Malzéville, un homme d’origine maghrébine est victime d’une « ratonnade » commise par deux individus, dont un ancien militaire, condamnés à des peines de prison ferme.
Le même jour, à Annemasse, Hassan, chauffeur VTC d’origine marocaine, est insulté par des clients, dont un candidat aux municipales.
Le 27 mars, à Châtellerault, Iman A., juriste au tribunal, est victime de harcèlement raciste en pleine campagne électorale.
Institutions : dérives graves au sein de l’État
Le 7 mars, notre plateforme Tajmaât identifie Julien T., responsable de la police technique et scientifique de Moulins, auteur de propos racistes d’une extrême gravité :
« bougnoules », « peuple de cafards »
appels à l’expulsion des Algériens « de force ou de force »
menaces : « le choix entre le cercueil et se barrer »
propos racistes visant explicitement les Tunisiens, les Marocains et les Musulmans
apologie du meurtre de Yann Fleurquin
Le 9 mars, l’IGPN est saisie.
Le 11 mars, Julien T. est suspendu et fait l’objet d’une enquête administrative et pénale.
Le 26 mars, une policière, Chaïma, dépose plainte contre la BAC de Nice pour harcèlement et racisme. Des échanges internes mentionnent « la pêche aux bicots ». Elle dénonce également des violences sur un mineur algérien.
Le 14 mars, une enseignante, Valérie L., tient publiquement des propos racistes visant les Maghrébins.
Le 24 mars, un directeur logistique du site PRO À PRO de Somain qualifie les Maghrébins de « bougnoules ». Il sera licencié le 25 mars.
Radicalisation, néonazisme et appels à la violence
Le 12 mars, Théo Denner, skinhead néonazi ayant projeté des « ratonnades » contre les Maghrébins, est jugé pour des viols sur 43 victimes.
Le 28 mars, il est condamné à 18 ans de réclusion criminelle.
Le 12 mars, Quentin Déranque est identifié pour avoir appelé à « déporter les bougnoules ». Une minute de silence lui a été accordée à l’Assemblée nationale.
Le 13 mars, Clément Cudennec appelle à des « ratonnades » et évoque les slogans « On noie les Arabes ici ».
Le 13 mars, Yannick Magnier diffuse des propos racistes et fait l’apologie du IIIe Reich. Une enquête est ouverte le 16 mars.
Le 21 mars, après des publications du média Frontières sur l’Aïd, de nombreux internautes appellent explicitement à des attentats (« camion comme à Nice », « envoyez un drone »).
Le 27 mars, sous une publication du maire Gilles Platret, des appels au terrorisme sont diffusés sans modération. Il modifie ensuite sa publication le 28 mars.
Mosquées, profanations et actes islamophobes
Le 17 mars, un restaurant halal est incendié à Hénin-Beaumont.
Le 22 mars, neuf tombes musulmanes, dont celles de nourrissons, sont profanées au Puy-en-Velay.
Le 25 mars, une mosquée de Clermont-Ferrand est cambriolée et dégradée.
Le 24 mars, des tags islamophobes apparaissent à Corbeil-Essonnes.
Le 9 mars, le domicile de Zakia Smaïl, est visé par un tag « dégage sale Arabe ».
Manipulations politiques et désinformation
Le 14 mars, à Montgeron, Stefan Milosevic (RN) est suspecté d’avoir orchestré la diffusion de faux tracts attribués à une mosquée pour nuire à un adversaire.
Le 13 mars, à Nice, Sevan Bolikian, proche de Christian Estrosi, est mis en examen dans une affaire impliquant une manipulation politique autour d’un acte antisémite, dont des Tunisiens avaient été fallacieusement accusés d'en être les auteurs.
Le 26 mars, une campagne de désinformation attribue faussement à des Maghrébins le viol de Noelia Castillo en Espagne, information totalement démentie.
Climat de haine et banalisation collective
Le 20 mars, le média Frontières diffuse des vidéos de musulmans célébrant l’Aïd, déclenchant des milliers de messages haineux.
Le 21 mars, l’imam de la mosquée Ar-Rahma à Nice porte plainte contre Frontières, CNews et Gilbert Collard pour diffusion de contenus tronqués.
Le 25 mars, « Ben le patriote » est rejeté par sa propre sphère pour ne pas avoir attaqué les musulmans, illustrant une radicalisation interne des milieux en ligne.
Le 27 mars, un arbitre expérimenté démissionne après la découverte de propos racistes visant les Maghrébins et les musulmans.
Une dynamique qui franchit un seuil
Le mois de mars ne constitue pas une simple continuité. Il marque un changement de nature.
Les faits recensés montrent une multiplication des passages à l’acte violents, une banalisation des propos racistes dans les sphères médiatiques et politiques, une pénétration inquiétante de ces discours au sein des institutions et une montée des appels explicites au terrorisme.
L’accumulation, la répétition et la diversité de ces faits dessinent une dynamique claire, les seuils de tolérance évoluent.
Ce qui relevait hier de l’impensable devient aujourd’hui exprimable, toléré, parfois même relayé sans contradiction.
Silence institutionnel, la défaillance manifeste d’Aurore Bergé
Au regard de l’ensemble des faits recensés au cours du mois de mars, le silence d’Aurore Bergé ne relève plus de l’omission ou de la prudence, mais d’une défaillance manifeste dans l’exercice de ses responsabilités.
Pas une prise de parole, pas une condamnation, pas un signal politique, alors même que les agressions, les appels au meurtre, les propos racistes et les actes islamophobes se sont multipliés à un niveau inédit, allant jusqu’au ciblage direct d’élus comme Zakia Smaïl.
Cette absence totale de réaction face à une telle accumulation de faits graves constitue un manquement évident. Il ne s’agit plus ici d’un débat d’appréciation, mais d’un constat, quand des citoyens sont visés de manière répétée en raison de leurs origines, le silence d’une responsable politique chargée de ces enjeux revient à abandonner le terrain.
Nous en prenons acte.
Cette inaction démontre une limite structurelle, l’incapacité ou le refus d’apporter une réponse claire lorsque les victimes sont identifiées comme étant issues de la communauté maghrébine ou de confession musulmane.
La seule réponse réaliste devient alors la structuration, l’organisation et le renforcement d’une dynamique communautaire, capable de documenter, alerter, protéger et défendre ses propres intérêts face à une réalité désormais évidente.

