Malzéville : un Maghrébin violemment agressé en raison de ses origines

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3/25/20262 min read

Vendredi aux alentours de 19 heures, à proximité d’un bar de Malzéville, Dimitri Auguste, 39 ans, accompagné de Bruno S., s’en est pris à un trentenaire d’origine maghrébine qui rentrait chez lui à vélo.

Alcoolisés, les deux hommes ont violemment agressé la victime, lui portant des coups de poing, un coup de tête, et allant jusqu’à jeter des barrières dans sa direction.

Face aux enquêteurs, Dimitri Auguste s’est montré particulièrement hostile, déclarant : « Je m’en bats les couilles de votre audition ».

Devant le tribunal de Nancy, il a adopté une posture plus mesurée, tout en affirmant ne plus se souvenir précisément des faits : « Je ne suis pas quelqu’un de violent ces derniers temps… mais j’avais bu », reconnaissant uniquement un coup de tête, rapporte L'Est Républicain.

Un profil judiciaire lourd et préoccupant

Dimitri Auguste, qui se décrit comme un « bosseur » et « un homme qui assume », présente en réalité un profil bien connu de la justice, avec 29 condamnations à son actif et une consommation d’alcool problématique. Le substitut du procureur de Nancy, Christophe Leroux, a d’ailleurs qualifié son profil d’« inquiétant », pointant un risque élevé de récidive.

Une « ratonnade » marquée par des propos racistes

Selon la victime, de confession musulmane, ainsi que les témoins présents, notamment un adolescent de 14 ans, l’agression s’est accompagnée d’insultes racistes proférées dès les premiers instants.

Lorsque la compagne de la victime est arrivée sur place, elle a également été prise pour cible : « T’es en couple avec un bougnoule, je vais te faire exploser », lui aurait lancé le prévenu.

Certains témoins affirment par ailleurs l’avoir vu en possession d’une grenade, un élément que l’intéressé conteste fermement.

Dans le box, Dimitri Auguste minimise la portée de ses propos : « Je ne m’en rappelle pas mais c’était juste des insultes. ».

Une justice ferme face à un risque de récidive

Le substitut du procureur a, au contraire, insisté sur la gravité des faits, estimant que le mobile raciste apparaissait clairement et dénonçant une « forme de toute-puissance » chez le prévenu. Il a alerté sur le fait que « cette scène de violence peut se reproduire à tout moment ».

Le tribunal a finalement suivi ces réquisitions, condamnant Dimitri Auguste à 18 mois de prison, dont 12 mois ferme.

Son ami, Bruno S., âgé de 58 ans, ancien militaire également alcoolisé, qui était intervenu dans un premier temps avant de participer à cette « ratonnade », a été condamné à un an de prison, dont six mois ferme.

Une violence révélatrice d’un climat plus large

Au-delà des faits, cette agression s’inscrit dans un contexte préoccupant de multiplication des actes visant des personnes d’origine maghrébine.

Entre insultes, agressions et banalisation des propos racistes, ces violences participent à installer un climat d’insécurité et de tension au sein de la communauté.