Lyon : quatre militants d’Audace écroués après une « ratonnade » en pleine Presqu’île
Quatre jeunes âgés de 19 à 21 ans ont été mis en examen et placés en détention provisoire après deux violentes agressions à caractère raciste commises dans la nuit du 17 au 18 septembre, en plein cœur de Lyon. L’une des victimes s’est vu prescrire 45 jours d’ITT. Parmi les suspects interpellés figurent quatre militants d’Audace, dont au moins un est décrit comme un néonazi convaincu.
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Une véritable « ratonnade » en pleine Presqu’île lyonnaise. Dans la nuit du jeudi 17 au vendredi 18 septembre, deux hommes ont été violemment pris pour cible à deux endroits différents du centre de Lyon.
Coups, insultes racistes et, pour l’une des victimes, des blessures particulièrement importantes : les quatre suspects, âgés de 19 à 21 ans, ont depuis été mis en examen et placés en détention provisoire.
Selon les victimes, les violences ont été accompagnées d’insultes racistes. Les mis en cause contestent cette dimension des faits, mais le caractère raciste figure bien parmi les circonstances aggravantes retenues à ce stade par la justice.
Une victime lourdement blessée : 45 jours d’ITT
La violence de l'une des agressions a entraîné 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT) pour l'une des victimes. La seconde s’est vu prescrire un jour d’ITT.
L’un des deux hommes affirme également que sa sacoche lui a été dérobée pendant les violences.
Les quatre suspects ont été interpellés rapidement après les faits. Une information judiciaire a notamment été ouverte pour « violences volontaires aggravées » commises en raison de « l’appartenance ou de la non-appartenance vraie ou supposée de la victime à une ethnie, une nation ou une religion ».
Quatre militants d’Audace interpellés
Selon les informations de StreetPress, les quatre hommes interpellés sont des militants d’Audace. Au moins l’un d’entre eux serait décrit par une source proche du dossier comme « un néonazi convaincu », notamment admirateur de Julius Evola, philosophe italien devenu une référence idéologique de différentes mouvances néofascistes.
Toujours selon les informations rapportées sur cette affaire, plusieurs circonstances aggravantes s'ajoutent au caractère raciste présumé des violences : des faits commis en réunion, avec préméditation, à l’aide d’armes par destination et sous l’emprise de l’alcool.
Les investigations devront désormais déterminer précisément le rôle joué par chacun des quatre mis en examen et établir si les deux agressions s'inscrivent dans une même séquence de violences racistes.
Aurore Bergé toujours silencieuse sur cette nouvelle affaire
Sans surprise, Aurore Bergé n’a, à l’heure où nous publions ces lignes, pas communiqué publiquement sur cette nouvelle affaire, malgré la multiplication récente des agressions à caractère raciste à Lyon et alors même qu’elle occupe le poste de ministre chargée de la Lutte contre les discriminations.
Un silence d’autant plus remarqué que la ministre affirme régulièrement faire de la lutte contre le racisme l’une des priorités de son ministère. En avril dernier, son ministère indiquait ainsi que, face aux actes de haine, « la mobilisation de l’État est totale ».
Cette nouvelle affaire lyonnaise, avec deux victimes, quatre suspects écroués et une circonstance raciste retenue dans l’information judiciaire, vient une nouvelle fois poser la question de la réponse apportée aux violences visant des personnes en raison de leur origine réelle ou supposée, notamment maghrébines.