L'Affaire Hamza : Les frontières du mensonge et le naufrage de l'autorité
Comment une interview truffée d'incohérences révèle à la fois l'hystérie d'un système médiatique aux abois et la triste réalité d'une démission parentale inexcusable.
ACTUALITÉS


La récente tempête médiatique autour de Hamza, un adolescent de 14 ans qui multiplie les délits et incivilités dans les rues de Paris, est un cas d'école.
Elle illustre à la perfection la collision entre deux fléaux de notre époque : d'un côté, une presse d'opinion prête à tordre la réalité jusqu'au ridicule pour nourrir son agenda politique, et de l'autre, une démission parentale désastreuse qui offre sur un plateau d'argent des munitions aux pires détracteurs de toute une communauté.
Au milieu de ce cirque, Tony Pittaro, journaliste, s'est illustré par la diffusion d'un témoignage pour le moins... acrobatique.
Les fables de "l'homme de dos"
Analysons un instant l'interview lunaire diffusée par Tony Pittaro. Il donne la parole à une prétendue victime que nous surnommerons affectueusement "l'homme de dos", tant sa physiologie et sa mémoire semblent défier les lois de la nature et de la logique.
L'homme de dos affirme avec aplomb qu'il y a deux ans, Hamza lui a cassé le nez.
Détail intriguant, l'agression se serait déroulée alors que notre témoin était... de dos. Comment un enfant de 12 ans (l'âge de Hamza à l'époque), forcément beaucoup plus petit qu'un homme adulte, a-t-il pu l'atteindre au visage pour lui fracturer le nez depuis son dos ? Mystère.
Mais l'incohérence ne s'arrête pas là. L'homme de dos remonte le temps et raconte que lorsque Hamza avait 8 ans (il y a donc 6 ans), le garçon avait jeté le ballon de ses enfants dans un étang. L'adulte avoue qu'il n'avait rien osé faire par "peur des représailles". Nous sommes donc censés croire qu'un père de famille adulte était littéralement terrifié par les possibles représailles d'un enfant de 8 ans.
Poursuivons la chronologie de l'absurde. Ce même témoin affirme qu'à l'âge de 10 ans, Hamza lui a fait un croche-pied (toujours dans le dos, la signature de l'homme de dos). Pourtant, il assure n'avoir reconnu son agresseur que récemment, à la faveur de la médiatisation du jeune délinquant. Comment est-il humainement possible de ne pas reconnaître un enfant de 10 ans qui vous agresse, alors même que vous le connaissiez et le redoutiez depuis l'épisode du ballon deux ans plus tôt ?
Face à ce tissu d'inepties, la conclusion s'impose, soit cet individu est une véritable victime souffrant d'amnésie sélective et défiant les lois de l'anatomie, soit nous sommes face à un énième mensonge grossier fabriqué de toutes pièces par Tony, ancien journaliste de CNews.
La machine médiatique en panique : un aveu de fragilité
Cette surmédiatisation frise le grotesque. Voir l'immense machine médiatique et politique se mettre en panique absolue face à un adolescent de 14 ans est un aveu flagrant d'impuissance.
Les plateaux tournent en boucle, les éditorialistes s'égosillent, les caméras traquent un gamin en trottinette. Cette hystérie démontre la fragilité extrême d'un système incapable d'apporter des réponses institutionnelles proportionnées, préférant monter en épingle un fait divers pour masquer la faillite globale de l'ordre public.
Ne soyons pas naïfs : nous savons pertinemment pourquoi cette affaire prend de telles proportions.
C'est l'origine de l'enfant qui fascine et obnubile ces rédactions.
L'objectif sous-jacent est clair : instiller dans l'inconscient collectif l'idée que "même leurs enfants sont des terreurs", des monstres inarrêtables face auxquels la société entière, de la police à la justice, devrait s'avouer vaincue.
Il s'agit de théâtraliser la peur, de transformer un délinquant juvénile en symbole d'une menace civilisationnelle fantasmée, pour mieux manipuler l'opinion.
Le naufrage éducatif : quand la famille laisse faire
Toutefois, pour être parfaitement justes et lucides, refuser la manipulation médiatique ne signifie en aucun cas tolérer les agissements de cet adolescent.
Hamza a commis de multiples délits et incivilités graves. Bloquer des personnes dans des toilettes publiques, ou encore s'introduire chez les gens pour filmer une femme dans son intimité n'a rien d'une blague de collégien.
Pire encore, son arrogance éclate lorsqu'il ne voit aucun problème à ses actes, allant jusqu'à accuser cette femme d'être en tort sous prétexte qu'elle avait "laissé sa fenêtre ouverte". C'est le comportement d'un adolescent qui se sent intouchable et qui n'a plus aucun repère moral.
C'est ici que nous devons tourner notre regard vers le père d'Hamza, car ce dernier affirme n'y voir aucun problème au comportement de son fils. Comment un parent peut-il laisser son enfant s'afficher de la sorte devant des millions de personnes sans intervenir radicalement ? C'est une honte absolue.
Aucun parent digne de ce nom ne laisserait son propre sang salir la réputation de toute sa famille et se transformer en bête de foire devant la France entière. L'autorité paternelle est un devoir.
Face à la fracture, l'urgence de responsabiliser
Que cela nous plaise ou non, la société est fondamentalement injuste.
Les comportements individuels, lorsqu'ils sont médiatisés de cette façon, se répercutent immanquablement sur l'ensemble d'une communauté. Le comportement déviant de Hamza ne reflète en rien les Maghrébins, il ne reflète ni notre éducation, ni nos valeurs de respect, de discrétion et de droiture.
Il est donc du devoir de chacun d'arrêter de chercher des excuses à de tels comportements.
À une autre époque, jamais une telle dérive n'aurait été permise. Le moindre écart de conduite, le plus petit problème à l'école, et nos parents nous tombaient dessus avec une fermeté implacable.
Aujourd'hui, nous assistons à l'ère des parents démissionnaires. Hamza n'est pas orphelin, il n'est pas placé à l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE). Il a un toit, il a un père, il a une mère.
La France est déjà un pays profondément fracturé. Donner volontairement des billes, par son inaction et son insolence, à ceux qui nous détestent viscéralement est une véritable traîtrise.
Le père de cet enfant, qui n'y voit aucun problème, en est le premier responsable et il devrait, lui aussi, payer les pots cassés du comportement de sa progéniture.
Ce n'est pas parce que des groupuscules racistes et des médias malhonnêtes comme Frontières profitent vicieusement de cette situation pour justifier leur haine que nous devons, par opposition de principe, défendre ou excuser l'indéfendable.
Le monde n'est pas binaire. Nous avons l'intelligence, le droit et même le devoir de condamner avec la même force la manipulation crasse de l'extrême droite et la délinquance impunie qui fracture de plus en plus notre société.