Islamophobie en entreprise : Magellan Partners perd un contrat public et voit sa crédibilité s’effriter

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2/1/20262 min read

Le cabinet de conseil Magellan Partners a perdu son contrat avec la ville de Grigny après les révélations, en décembre 2025, sur le licenciement de plusieurs salariées portant le foulard. L’information, relayée par TRT Français, s’appuie sur une enquête initialement publiée par StreetPress.

La décision de la municipalité, confirmée par écrit le 13 janvier 2026, intervient alors qu’une mission arrivait à son terme et qu’une nouvelle collaboration devait débuter. Si la rupture du contrat a été officiellement justifiée par la volonté de lutter contre les discriminations, ses répercussions dépassent désormais le seul cadre institutionnel.

Des licenciements liés au port du foulard

Selon l’enquête de StreetPress, au moins deux salariées d'origine Maghrébine, Léna et Marwa, ont été licenciées à la suite de l’introduction, le 1er septembre 2025, d’une clause de neutralité dans le règlement intérieur du groupe. Les deux femmes avaient pourtant été embauchées en portant un foulard, sans qu’aucune remarque professionnelle ne leur ait jamais été adressée.

Durant l’été 2025, la personne en charge de la responsabilité sociétale des entreprises (RSE) du groupe aurait également été licenciée après avoir contesté la légalité de cette clause. Des éléments qui ont contribué à nourrir le débat sur la place des femmes musulmanes dans le monde du travail et sur l’usage de la “neutralité” comme outil d’exclusion.

Une onde de choc au sein du mouvement communautaire

Au-delà de la rupture du contrat avec Grigny, l’affaire a provoqué une réaction en chaîne au sein du tissu économique et associatif. Selon plusieurs sources concordantes, des responsables d’entreprises d’origine maghrébine indiquent avoir pris leurs distances et renoncé à toute collaboration professionnelle avec Magellan Partners.

Cette prise de distance, souvent discrète mais bien réelle, illustre un phénomène croissant : la communauté économique maghrébine intègre désormais la question de l’islamophobie et des discriminations anti-maghrébins comme un critère de coopération. L’affaire Magellan Partners est ainsi perçue comme un cas d’école, montrant que les décisions internes des grandes structures peuvent avoir des conséquences durables sur leur image et leurs relations professionnelles.

Une mobilisation qui a franchi les murs de l’entreprise

Les ex-salariées concernées ont été reçues en décembre 2025 à l’Assemblée nationale, à l’invitation de plusieurs députés. Marwa, ancienne consultante et ingénieure en informatique licenciée en novembre 2025, y a témoigné des discriminations subies par les femmes portant le foulard dans le monde du travail.

Des élus ont rappelé que les salariées avaient été recrutées avec leur voile et que leur éviction faisait suite à un changement unilatéral des règles internes, sans lien avec leurs compétences ou leur performance professionnelle.

Un signal envoyé au monde économique

L’affaire Magellan Partners marque un tournant. Elle montre que les discriminations visant les femmes maghrébines de confession musulmane ne sont plus seulement des sujets de débat moral ou juridique, mais deviennent également des facteurs de rupture économique et de défiance durable.

Dans un contexte où la communauté maghrébine est de plus en plus structurée, informée et attentive aux pratiques des entreprises, les choix managériaux liés à l’islamophobie peuvent désormais entraîner des conséquences concrètes : perte de contrats, isolement professionnel et remise en question de la crédibilité publique.

Un signal fort, qui dépasse largement le cadre d’un seul cabinet de conseil.