Haine décomplexée : Quand l’apologie du terrorisme s'invite sur les réseaux sociaux d’un élu
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Le débat public en France vient de franchir une nouvelle étape dans l'horreur.
Suite à une publication de Gilles Platret, maire de Chalon-sur-Saône, concernant une salle de prière, les sections de commentaires se sont transformées en un déversoir de haine raciale et, plus grave encore, en un catalogue d'appels explicites au terrorisme et au meurtre de masse visant les musulmans et les personnes d'origine maghrébine.
Ce qui aurait dû être un espace de discussion politique est devenu le théâtre d'une violence verbale inouïe, où des citoyens s'expriment à visage découvert pour suggérer des massacres de masse.
L'ombre de la tragédie de Nice : L'apologie du terrorisme au camion-bélier
Le point le plus effroyable de cette dérive est la référence répétée et décomplexée à l'attentat de Nice du 14 juillet 2016. Là où la nation pleurait ses morts, certains internautes voient aujourd'hui un "mode d'emploi".
Nitt Phil déclare sans détour : « Il faudrait le même camion qu’à Nice en 2016 », tandis que Cédric Haeffler renchérit avec un cynisme absolu : « Un remake du 14 juillet à Nice aurait été bienvenu dans ce cas ! ».
Cette volonté de voir des corps broyés par des véhicules est partagée par de nombreux autres profils. Davide Cuistot demande : « T'avais pas un gros camion ? T'aurai du foncé dessus », rejoint par Bernard Trouillot qui appelle à lancer « un 44 tonnes lancé à fond » et Didier Bernardet qui suggère qu’un « 36 tonnes devrait créer un passage ».
L'incitation au meurtre se cache parfois derrière une ironie macabre, comme chez Laurent Scelles qui feint de comprendre « la perte d'un véhicule dans la foule ou les freins qui lâche », ou Joelle Cortes qui espère que si des automobilistes « avaient foncé dans le tas... cela les ferait réfléchir ». Frédéric Delille, lui, résume sa pensée par un glaçant « Camion et Strike !!! ».
Un arsenal de guerre contre des civils
Au-delà des véhicules, c'est tout un arsenal militaire qui est invoqué pour "gérer" la présence de ces concitoyens.
Les appels à l'usage d'armes de guerre se succèdent avec une banalité déroutante :
Guillaume Beau et Gilles Fromentelle prônent l'usage du « lance flamme », tandis que Remi Nectoux suggère le napalm, citant l'efficacité des méthodes utilisées « Au Vietnam ».
Les grenades font l'objet d'une obsession particulière pour Philippe Guinard (« une averse de grenade et boum problème résolu »), Patrice Delaval, Jean-françois Le Ruyet, Philippe Baynard et JO Fleury.
Il est d'autant plus troublant de voir des individus comme Jean-françois Le Ruyet demander à « balancer des grenades » alors que ce dernier est un bénévole bien connu dans la commune comme responsable de la commission spectacles du comité des fêtes. Il a décidé de devenir l'un des coordinateurs, pour le Morbihan, de l'organisation non gouvernementale (ONG) Vision du monde.
Jean Louigi souhaite apercevoir un « missile égaré » contre les musulmans présents sur l'image, Antoine Pissavy un « missile balistique », et Christophe Szymanski suggère de les « canarder à coup de 12,7 ».
Patrick Butin, quant à lui, estime qu’avec « un amx30 [un char de combat] la rue serait dégagée ».
Jean Niob appelle à la « Sulfateuse ! », Eric Gagniere cite simplement « Kalachnikov... » et Lambro T'fooz conclut qu'il n'y a qu'une solution : « Cartouche ».
La déshumanisation comme moteur de la violence
Pour justifier de tels appels au massacre, le processus de déshumanisation est total. Les victimes potentielles ne sont plus des êtres humains, mais des cibles ou des nuisibles.
Jean Michel Menage parle de « sale r..ce » et d'« animaux », Mrle Mrtz compare les fidèles à des « cafards », et Jean Francois Rein utilise le terme de « rats ».
Pour Jeanfrancois Geschlecht, il s'agit de « se débarrasser de toute cette merde ». Cette rhétorique, historiquement précurseur des pires violences de l'histoire, s'accompagne de menaces de "nettoyage" comme chez Laurent Chaillou qui évoque une solution qui « va faire tâche » et nécessitera de « repeindre ensuite ».
Un appel à la responsabilité et à la justice
Ces propos ne sont pas de simples "dérapages" ou l'expression d'une colère passagère. Ils tombent sous le coup de la loi française pour provocation publique à la commission d'actes de terrorisme et incitation à la haine raciale.
Le silence ou la passivité des modérateurs et des élus sur les pages desquels ces horreurs sont proférées pose une question majeure sur la protection des communautés visés.
La liberté d'expression ne saurait être le bouclier de ceux qui appellent à transformer nos rues en champs de bataille et nos concitoyens en cibles. Il est urgent que les autorités se saisissent de ces preuves numériques pour que l'impunité cesse sur les réseaux sociaux.







