EXCLUSIF TAJMAÂT / Féria de Marboz : Identifications, justice saisie et témoignage choc sur un racisme systémique
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À la suite de la diffusion d'une vidéo faisant apparaître des fêtards entonnant des chants à caractère raciste lors de la Féria de Marboz, dans l'Ain, une enquête judiciaire a été ouverte.
Ce dossier ne se limite toutefois pas à un simple fait divers isolé : notre travail d'investigation, mené en collaboration avec plusieurs sources locales, a permis d'identifier formellement plusieurs des personnes apparaissant dans cette vidéo.
Au-delà de ces identifications, un témoignage exclusif recueilli par notre rédaction met en lumière une réalité plus large : selon notre source, ces chants ne relèveraient pas d'un incident isolé, mais s'inscriraient dans un climat de racisme banalisé et durablement installé dans certaines zones rurales de la Bresse.
Ces éléments nous conduisent aujourd'hui à interpeller directement les autorités et institutions concernées.
Identification des personnes présentes sur la vidéo
Sur la base des informations recueillies auprès de témoins ayant grandi avec les personnes concernées, plusieurs individus figurant sur la vidéo ont pu être identifiés :
Nathan Laurent : également connu sous le pseudonyme NineLau Ninelau sur les réseaux sociaux).
Eléonore Moiraud :
Jules Brichon :
Paul Vannet :
Aymeric Reboux
Mathis Darnand : La personne qui filme la scène au milieu du groupe.
Il convient de préciser que la majorité de ces hommes évoluent tous au sein du même club de football local : l'ESB Marboz, un point significatif au regard du contexte.
Témoignage exclusif : du racisme de l'école au terrain de sport
Une personne originaire du village a accepté de témoigner, brisant ce qu'elle qualifie elle-même de loi du silence. Ayant côtoyé les individus identifiés durant sa scolarité; elle affirme reconnaître formellement leur identité et décrit un climat profondément ancré :
« Je suis originaire du village, j’étais à l’école, au foot avec ces personnes. De même, si vous voulez un témoignage du racisme ambiant décomplexé dans ces villages je suis disponible ! J’ai assisté à tant d’agressions verbales et surtout physiques à caractère raciste. Des ratonnades, des passages à tabac, des chants dans les bals, au foot…. C’est vraiment monnaie courante dans les campagnes bressanes de l’Ain. »
Un racisme inculqué par les adultes et normalisé au sein du sport local
Le témoin insiste sur le fait que ce comportement ne relèverait pas d'une simple dynamique adolescente, mais serait entretenu par l'encadrement adulte, notamment lors de l'activité sportive à l'ESB Marboz :
« Le racisme ambiant est vraiment incorporé chez les adultes et se diffuse chez les jeunes. Lors de match de foot à l’extérieur contre les clubs de Bourg-en-Bresse (où il y a bien plus de mixité ethnique qu’en campagne, "des clubs d’arabes" comme ils disent) je me souviens de notre coach qui refusait qu’on laisse les sacs dans le vestiaire pendant le match, vestiaire pourtant fermé à clef et ils gardaient les sacs avec lui sur le banc de touche ou dans sa voiture vers les parents. Chose qu’il ne faisait JAMAIS quand on jouait contre des clubs de campagnes avec que des blancs. »
Le témoin affirme également que les insultes racistes font partie du quotidien au bord des terrains, sans réaction ferme des responsables :
« Les injures raciales sont monnaie courantes au bord du terrain bien entendu et ce de façon décomplexée devant tout le monde. Si une parole est jugée trop grave ("bougnoule, bicot…") la personne sera réprimandée gentiment mais ils passeront tout de suite à autre chose, c’est normal, pas grave. »
Selon la source, d'autres joueurs évoluant dans les environs confirment que cette situation est partagée par l'ensemble des clubs des alentours.
Bals de village : le théâtre récurrent de violences ciblant les Maghrébins
Le témoin décrit un climat tout aussi violent lors des événements festifs locaux, fréquentés dès l'adolescence :
« Il y a également beaucoup de bals dansants, les jeunes y vont vers 15-16 ans. Une fois je portais une sacoche, un homme d’une vingtaine d’années me l’a arrachée en me disant "on est pas chez les bougnoules ici, fais pas la racaille". »
Le récit fait état d'affrontements physiques systématiques visant directement certaines personnes en raison de leur origine ou de leur couleur de peau :
« Chaque fin de bal finit en bagarre, les jeunes locaux ciblent les Maghrébins et les personnes noires. J’ai un ami qui s’est pris une droite gratuitement pendant qu’il dansait juste pour sa couleur de peau. »
À l'appui de ces déclarations, notre source nous a transmis la capture d'écran d'une publication Facebook rédigée par un parent d'élève dès 2018, attestant de l'ancienneté et de la persistance de ces dénonciations sur le territoire.
Une interpellation directe des autorités et responsables locaux
Compte tenu de la gravité de ces éléments, qui dépassent le cadre strict de l'incident filmé lors de la Féria, notre rédaction entend interpeller directement les instances concernées.
Il apparaît un problème structurel important au sein de l'ESB Marboz, dont plusieurs membres et licenciés sont directement mis en cause par ces images et ce témoignage. Le club doit s'expliquer sur les agissements en son sein.
Nous interpellons également publiquement Christelle Moiraud, Maire de Marboz : quelles dispositions la municipalité compte-t-elle prendre face à ce climat de racisme banalisé et à ces violences récurrentes qui entachent la commune et ses événements locaux ?
Si la procédure judiciaire suit son cours, il appartient désormais aux responsables sportifs et municipaux d'assumer leurs responsabilités et de répondre à ces révélations.







