Enquête : Un compte Facebook accusé de filmer des femmes voilées à leur insu à Lyon
ENQUÊTEACTUALITÉS


Dans une enquête publiée par nos confrères du Nouvel Aube, un compte Facebook identifié sous le nom “Boda Lyon” est accusé de publier régulièrement des vidéos de femmes filmées dans l’espace public sans leur consentement, en particulier des femmes voilées.
L’individu à l’origine des publications adopterait, selon ces témoignages, une méthode répétée consistant à suivre certaines femmes dans la rue, les filmer discrètement, puis diffuser les images en ligne.
Ces vidéos seraient ensuite accompagnées de commentaires ou de réactions susceptibles d’alimenter des propos stigmatisants, voire ouvertement racistes dans les espaces de discussion.
Malgré des signalements répétés, les contenus resteraient accessibles, tandis que la plateforme Meta n’aurait pas, à ce stade, procédé à des suppressions massives ou à des mesures visibles, selon les éléments rapportés par Nouvel Aube.
Une remontée de signalements via OMROS et une enquête interne Tajmaât
À la suite de ces publications, plusieurs internautes ont alerté les équipes de signalement de la plateforme OMROS, après avoir identifié des vidéos de femmes d’origine maghrébine filmées sans consentement et diffusées publiquement.
Ces alertes ont ensuite conduit à un travail de recoupement mené dans le cadre de l’enquête Tajmaât, visant à analyser l’activité numérique associée à ces contenus.
Les recherches ont permis d’identifier plusieurs pages liées ou similaires, notamment des comptes utilisant les appellations “Boda Lyon 69”, ainsi que d’autres variantes associées à des pseudonymes proches.
Les éléments observés montrent une cohérence dans les méthodes de publication : mêmes angles de prise de vue, captations réalisées dans la rue, et focalisation récurrente sur des femmes, majoritairement d’origine maghrébine, mais également subsaharienne.
Dans plusieurs séquences, les vidéos montreraient des zooms insistants au moment du passage des femmes voilées, ou des images prises de dos publiées sans anonymisation, entraînant ensuite des commentaires hostiles sous les publications.
Des contenus recoupés avec un profil et une chaîne YouTube
Les investigations menées dans le cadre de cette remontée de signalements ont également permis d’identifier un profil Facebook ainsi qu’une chaîne YouTube associée au nom “Boda Moreta”.
Sur cette dernière, plusieurs vidéos ont été publiées avec des titres à forte connotation raciste, dont une mentionnant notamment : « AVEC 3 ENFANTS SANS PÈRE, MAIS C’EST LA CAF QUI EST LE PÈRE ».
D’autres contenus montrent des femmes filmées dans la rue, ainsi que des adolescentes suivies brièvement à distance, selon les éléments analysés.
Appel à la vigilance et demandes adressées aux autorités
Au regard des éléments recensés dans cette enquête et des signalements transmis via OMROS et la plateforme Tajmaat, un appel est lancé aux autorités compétentes afin de vérifier les faits, d’identifier précisément les responsabilités et d’évaluer les potentielles infractions liées au droit à l’image et à la diffusion de contenus non consentis.
Les habitants de Lyon, en particulier dans le secteur du Vergoin, sont également invités à la vigilance, plusieurs signalements indiquant que des captations auraient pu être réalisées dans ces zones.
Nous insistons néanmoins sur un point central : il ne s’agit en aucun cas d’appels au harcèlement ou à des représailles, mais d’une démarche de prévention et de signalement visant à protéger les personnes potentiellement concernées, femmes comme mineurs, contre des prises de vue et diffusions non autorisées.
Appel à témoins
Dans le cadre de cette enquête, nous lançons également un appel à témoins.
Toute personne ayant été filmée, suivie, ou ayant identifié des contenus similaires publiés sans consentement est invitée à se manifester via notre plateforme OMROS.
Les témoignages recueillis permettront de compléter les éléments déjà documentés dans l’enquête Tajmaat et d’évaluer l’ampleur réelle des publications signalées.
Cet appel concerne également toute personne reconnaissant des scènes diffusées en ligne ou disposant d’informations complémentaires sur les comptes mentionnés.













