Châtellerault : une juriste ciblée par une vague de propos racistes et islamophobes en pleine campagne municipale
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À Châtellerault, une femme d'origine Maghrébine, Iman Askari, 33 ans, juriste au tribunal de Niort et habitante de la ville, a déposé plainte le 19 mars 2026 au commissariat pour « insultes et menaces racistes sur Internet », rapporte La Nouvelle République.
Les faits s’inscrivent dans le contexte de la campagne des élections municipales, durant laquelle elle affirme avoir été prise pour cible en raison de ses origines et prises de position en ligne.
Sur sa page Facebook, où elle commente l’actualité politique locale « sans haine, ni parti pris, ni insultes », elle explique être confrontée depuis février 2026 à une multiplication de messages haineux. « Je reçois de nombreux messages à caractère raciste […] des personnes profèrent des menaces et insultes contre mes origines nord-africaines et musulmanes à cause de mes commentaires », déclare-t-elle.
Des messages explicitement racistes et islamophobes
Dans sa plainte, la juriste, avocate de formation, dénonce des propos « racistes, xénophobes et islamophobes sur les réseaux sociaux, tenus par des personnes que j’identifie comme étant des candidats ou proches du Rassemblement national, opérant pour certains sous des comptes anonymes ou manifestement faux. »
Elle a conservé des captures d’écran, transmises aux enquêteurs sur clé USB, attestant de la violence des propos reçus. Parmi les messages relevés :
« Faut retourner au bled, au moins y aura pas de haine, ou pas… »,
« Ça se voit que tu es musulman, tu as une mentalité de c… »,
ou encore « Avec ce nom-là, tu ne dois pas être un vrai Français… ».
Une interpellation restée sans réponse
Face à cette situation, Iman Askari indique avoir directement interpellé Hager Jacquemin, candidate du Rassemblement national, en tant que responsable d’une page Facebook, afin de faire cesser ces propos et obtenir la suppression des contenus. « Elle est restée muette à mes sollicitations », affirme-t-elle.
Une procédure judiciaire engagée
La plaignante a décidé de saisir la justice et a également transmis sa plainte par mail à la procureure de la République de Poitiers. Une enquête de police a été ouverte afin d’identifier les auteurs des messages et d’établir les responsabilités.
Un climat de haine dans le débat public
Au-delà du cas individuel, cette affaire démontre une fois de plus, un climat de tension croissante sur les réseaux sociaux, notamment en période électorale. Les propos visant les maghrébins et la religion musulmane témoignent d’une banalisation des discours racistes et islamophobes dans l’espace numérique.
Pour de nombreux membres de la communauté, ces attaques répétées participent à instaurer un environnement hostile, où l’expression publique, même modérée, peut entraîner une exposition directe à la haine et aux menaces.