Bordeaux : un élu étudiant de l’UNI démasqué après des publications visant les Maghrébins et les soutiens de la Palestine
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Une affaire secoue depuis plusieurs jours l’université Bordeaux-Montaigne après la révélation de nombreux messages racistes, haineux et appelant à la violence publiés sur le réseau social X par un élu étudiant lié au syndicat étudiant de droite UNI.
Derrière le pseudonyme « Pollux le Rigolow » se cachait en réalité Paul Avenin, élu au conseil d’administration de l’université et membre de la section bordelaise de l’UNI. Entre octobre 2025 et avril 2026, une vingtaine de publications particulièrement violentes auraient été diffusées depuis ce compte anonyme, visant principalement les Maghrébins, les soutiens de la Palestine ainsi que d'autres ethnies.
Parmi les messages relayés figurent notamment :
« Les Arabes comme toi, on les balance dans la Seine »
« Léopold de Belgique n’a pas tué assez d’Africains »
« Faut en tuer un ou deux pro-palestiniens pour l’exemple »
D’autres publications comportaient également des références au massacre du 17 octobre 1961 contre les Algériens à Paris, ou encore des messages tournant en dérision des morts liées à des violences policières, notamment celles de Nahel Merzouk.
Une référence assumée aux crimes contre les Algériens
L’un des éléments ayant particulièrement choqué au sein de la communauté universitaire concerne les références explicites aux crimes visant les Algériens et Subsahariens.
Le message « Les Arabes comme toi, on les balance dans la Seine » fait directement écho au massacre du 17 octobre 1961, lorsque des dizaines d’Algériens manifestant pacifiquement à Paris furent tués lors d’une répression policière menée sous l’autorité du préfet Maurice Papon. Plusieurs victimes avaient alors été jetées dans la Seine. D’autres publications glorifiaient également les violences européennes, notamment celles commises au Congo sous le règne de Léopold II
Ces messages ont suscité une vive indignation, notamment parmi les étudiants maghrébins, plusieurs organisations dénonçant une banalisation croissante des discours de haine visant certaines populations dans les espaces politiques étudiants.
Le parquet de Bordeaux ouvre une enquête judiciaire
À la suite du signalement transmis par l’université via l’article 40 du Code de procédure pénale, le parquet de Bordeaux a ouvert une enquête pour « provocations publiques à la discrimination, à la haine ou à la violence ».
La Direction interdépartementale de la police nationale de la Gironde a été chargée des investigations. Les faits reprochés peuvent théoriquement exposer leur auteur à des sanctions pénales pouvant aller jusqu’à un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.
Les tweets concernés ont depuis été supprimés.
L’UNI tente de se désolidariser
Du côté de l’UNI Bordeaux, la direction locale affirme avoir été « choquée » par les publications attribuées à l’étudiant. Louise Montangon, responsable locale du syndicat, assure ne pas avoir eu connaissance des messages au moment où ils étaient publiés malgré son abonnement au compte concerné.
Selon elle, l’étudiant ne faisait déjà plus partie de l’organisation au moment où l’affaire a éclaté publiquement, ce qui aurait empêché son entrée effective au conseil d’administration malgré son élection.
L’affaire ravive néanmoins les critiques visant l’UNI, régulièrement accusée par ses opposants de racisme. Plusieurs responsables ou militants liés à l’organisation ont déjà été impliqués ces dernières années dans des polémiques liées à des propos racistes, des saluts nazis ou des publications extrémistes.
Une inquiétude croissante chez les étudiants maghrébins et musulmans
Au-delà de ce cas, cette affaire relance les inquiétudes concernant la banalisation de discours ouvertement hostiles aux Maghrébins et aux Musulmans dans certains espaces politiques ou numériques fréquentés par de jeunes militants.
Les références répétées aux noyades d’Algériens dans la Seine, les insultes raciales visant les Maghrébins ainsi que les appels à la violence contre les soutiens de la Palestine ont été perçus par de nombreux étudiants comme l’expression d’un racisme assumé et décomplexé.
Plusieurs organisations étudiantes réclament désormais des sanctions disciplinaires, une prise de position plus ferme de l’université ainsi qu’une vigilance accrue face à la diffusion d’idéologies extrémistes sur les campus.





