Attentat raciste de Puget-sur-Argens : le terroriste tente de réécrire les faits en salissant sa victime

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2/9/20263 min read

Les derniers éléments révélés par BFMTV dans le dossier de l’assassinat d’Hichem Miraoui à Puget-sur-Argens mettent en lumière une stratégie de défense désormais assumée par Christophe Belgembe : nier le caractère terroriste de son acte en présentant sa victime comme un “problème”, au mépris des faits établis par l’enquête.

Mis en examen pour assassinat et tentatives d’assassinat à caractère terroriste, le terroriste de 55 ans, Christophe Belgembe, aujourd’hui incarcéré à Fleury-Mérogis, cherche à convaincre la justice qu’il ne s’agirait que d’un banal conflit de voisinage ayant dégénéré. Une version que les éléments matériels, les témoignages et ses propres déclarations antérieures contredisent frontalement.

Une revendication raciste explicite… désormais minimisée

Le 31 mai 2025, quelques minutes après avoir abattu son voisin tunisien de cinq balles, Christophe Belgembe laisse un message vocal sans ambiguïté :

« Je viens de tirer partout. J’viens de niquer du bicot. (…) J’veux que la France se réveille. »

Il diffuse également une vidéo sur Facebook dans laquelle il revendique son acte, appelle les « Français » à passer à l’action et rend hommage à Jean-Marie Le Pen.
Ces éléments ont conduit le Parquet national antiterroriste à retenir la qualification de terrorisme d’ultradroite, en raison de la volonté de troubler l’ordre public par la terreur.

Aujourd’hui, face aux juges instructeurs, Belgembe change radicalement de discours.

Faire passer la victime pour le coupable

Lors de son interrogatoire du 27 janvier, l’accusé multiplie les accusations contre Hichem Miraoui : saleté supposée, nuisances, provocations, fréquentations douteuses. Il décrit un voisin qui aurait rendu son quotidien « invivable » et insiste sur un sentiment d’insécurité personnelle.

Une tentative manifeste de déplacement de la responsabilité, alors même que l’enquête établit l’inverse.

Selon plusieurs témoignages versés au dossier, Hichem Miraoui cherchait à déménager, se sentant menacé par un voisin qui le couvrait régulièrement d’insultes racistes. La juge d’instruction relève notamment qu’il avait tenté d’apaiser la situation, y compris par des gestes de conciliation, en lui offrant notamment du couscous, sans succès.

Face à ces éléments, Christophe Belgembe balaie les faits d’un revers de main :
« On ne peut plus rien dire sans être raciste », affirme-t-il, refusant toute remise en cause.

Une violence ciblée, assumée, puis niée

L’incohérence de la défense apparaît également dans la manière dont Belgembe évoque les autres victimes. Concernant les voisins de nationalités turcs et d’origine kurde sur lesquels il a tiré après le meurtre, il déclare être « incapable de les différencier » :

« C’est un groupe », insiste-t-il.

Une phrase lourde de sens, qui réduit des individus à une origine perçue et confirme le caractère idéologique et racial du passage à l’acte, loin du simple conflit interpersonnel qu’il tente aujourd’hui de mettre en avant.

Une stratégie classique pour échapper au terrorisme

Pour les observateurs, cette tentative de requalification n’a rien d’exceptionnel. Elle s’inscrit dans une stratégie judiciaire bien connue, en niant l’intention politique, isoler la victime, invoquer un différend privé et effacer la dimension raciste initialement revendiquée.

Mais les faits sont têtus. L’arsenal, les propos, les messages vocaux, la vidéo de revendication et les témoignages convergent : Hichem Miraoui n’était pas un “problème”, il était une cible.

Un enjeu qui dépasse ce dossier

Au-delà du cas Belgembe, cette affaire interroge une réalité plus large : la facilité avec laquelle les victimes maghrébines de crimes racistes sont, après leur mort, exposées à des tentatives de disqualification morale.

Pour de nombreux acteurs communautaires, la vigilance reste de mise. Car si la justice venait à accepter cette réécriture des faits, ce ne serait pas seulement une victime que l’on salirait, mais un précédent dangereux pour la reconnaissance des violences racistes les plus graves.