Affaire de la Féria de Marboz : Interpellations, sanctions contestées et réponse de Tajmaât aux accusations visant son enquête
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L’affaire de la Féria de Marboz vient de franchir une étape décisive.
À la suite de la mobilisation collective et du travail d'investigation publié sur nos plateformes, les institutions ont finalement réagi après plusieurs jours de silence.
Mais si des arrestations ont eu lieu et que des décisions sportives ont été prises, les réponses administratives et judiciaires apportées continuent de soulever de lourdes interrogations sur le traitement du racisme anti-maghrébin en France.
Voici le point complet sur les derniers développements, les sanctions annoncées, ainsi que notre mise au point face aux accusations formulées dans la presse.
Enquête judiciaire et sommet de l'État : Une réaction sous pression
L’enquête menée par les gendarmes de Jayat, appuyés par la brigade de recherches de Bourg-en-Bresse et l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité et les crimes de haine (OCLCH), a permis d’identifier rapidement les auteurs des chants racistes.
Sept personnes ont été interpellées et placées en garde à vue ce vendredi 31 juillet. Deux d’entre elles ont été rapidement mises hors de cause.
Cinq individus, âgés de 22 à 27 ans, sont poursuivis pour Injure publique en raison de l’origine, l’ethnie, la nation, la race ou la religion ; Provocation publique à la discrimination ; Contrefaçon par diffusion ou représentation d’œuvre de l’esprit au mépris des droits d’auteur.
La réponse ministérielle et le choix incompréhensible de la sanction
Le lendemain de la parution de notre article dénonçant le silence assourdissant des autorités, la ministre Aurore Bergé a publié une vidéo annonçant la saisine de la procureure de la République de l’Ain. L'affaire a ainsi atteint le sommet de l’État.
Cependant, les modalités de sanction retenues provoquent un profond sentiment d'injustice : les mis en cause seront convoqués mi-août devant le délégué du procureur pour un Avertissement Pénal Probatoire (APP), assorti d'un stage de citoyenneté au musée mémorial de la Maison d’Izieu.
Notre constat sur cette sanction est sans appel, la Maison d’Izieu est un mémorial dédié à la mémoire des enfants juifs exterminés durant la Shoah, quel est le rapport direct avec des chants racistes anti-maghrébins proférés dans un bal du Haut-Bugey/Bresse ?
On constate une fois de plus une invisibilisation totale des victimes maghrébines, ciblées par des insultes spécifiques.
Ce choix s'explique notamment par le déplacement d'Aurore Bergé à la Maison d'Izieu le 16 juillet dernier dans le cadre de la lutte contre l'antisémitisme. Transposer cette étape de manière générique dans ce dossier relève du hors-sujet institutionnel.
L'ESB Marboz prend enfin ses responsabilités
À la suite de nos révélations et des témoignages poignants publiés sur le climat régnant au sein du club et de la commune, la direction de l’ESB Marboz a finalement réagi.
Le club a annoncé prendre des mesures fermes à l’égard de ses licenciés impliqués : ces individus ne porteront plus les couleurs de l’ESB Marboz.
C'est une première victoire pour la vérité, mais le constat reste amer : il faut systématiquement déployer dix fois plus d'efforts, accumuler les preuves et créer un rapport de force médiatique pour obtenir ce qui ne devrait être qu'un minimum de considération.
Réponse aux déclarations d'Éléonore Moraud dans Le Progrès
Dans un article publié par le quotidien Le Progrès, l'une des personnes présentes sur la vidéo, Éléonore Moiraud, a annoncé porter plainte contre notre plateforme, nous accusant d'être à l'origine d'une « campagne de dénigrement » et d'inciter à des « violences répétées » et des « menaces » contre sa personne.
Face à ces accusations que Tajmaât conteste fermement, nous souhaitons rappeler les éléments qui ont conduit à notre publication.
Sur les accusations d'appels à la violence : C'est totalement faux. Nos publications se sont strictement bornées à relayer les faits, la vidéo et les témoignages locaux. Aucun appel à la haine ou à la violence physique n'a jamais été émis par notre plateforme.
Sur la thèse de la présence fortuite : Éléonore affirme qu'elle était uniquement de passage avec des amies. Or, l'examen de la vidéo montre que, de la 1ère à la 12ème seconde, elle demeure présente à proximité immédiate du groupe pendant toute la séquence, aux côtés d'amies comme Flavie B. Elle ne traverse pas simplement la scène : elle reste aux côtés du groupe, sourit et rit alors que les chants racistes sont entonnés, demeure présente durant l’intégralité de la séquence, avec une attitude que nous estimons compatible avec une présence non fortuite.
Sur les liens avec les mis en cause : Alors que la Féria de Marboz réunissait près de 20 000 personnes, Éléonore se trouvait étrangement au coude-à-coude avec les 5 individus poursuivis. Nos vérifications montrent qu'elle est amie sur Facebook avec les mis en cause et qu'ils interagissent régulièrement (likes mutuels).
De plus, son défunt père, Hervé Moiraud, était une figure connue et appréciée de l'ESB Marboz, club où évoluent tous les suspects.
Sur la connaissance des faits : Au vu du racisme banalisé documenté par les habitants dans le village et le club, de la proximité du groupe, au regard de la proximité avec le groupe et de la durée de la séquence, Tajmaât estime difficilement crédible l'hypothèse d'une absence totale de connaissance de la nature des propos tenus.
Sur nos écrits : Nous n'avons jamais affirmé nominativement qui chantait ou non. Notre article indiquait textuellement : « Sur la base des informations recueillies auprès de témoins ayant grandi avec les personnes concernées, plusieurs individus figurant sur la vidéo ont pu être identifiés. »
Sur les démentis officiels de la Préfecture : Alors qu'elle affirme que notre publication aurait entraîné des "violences répétées", la préfecture a publiquement déclaré :
« Nous n’avons pas eu de signalement particulier et pas de plainte à ce sujet de la part des individus identifiés sur la vidéo. Aucune demande de protection n’a par ailleurs été faite. »
L'analogie des responsabilités collectives
Accuser notre plateforme d'investigation alors que la vidéo cumulait déjà 3 millions de vues sur X et des milliers de commentaires avant même notre relais est un non-sens.
Prenons un exemple simple : si une vidéo montrait 20 personnes assistant ou participant à un délit, que 19 d'entre elles faisaient partie d'un même réseau et que des témoignages faisaient état d'agissements répétés, tout travail d'enquête sérieux chercherait naturellement à comprendre le contexte et les liens entre les personnes présentes, interrogerait la présence de la 20ème personne située à leurs côtés parmi une foule de 20 000 individus. À partir d'un certain nombre d'éléments concordants, il ne s'agit pas d'acharnement individuel, mais de la mise en lumière légitime d'un problème structurel.
Une justice à deux vitesses qui renforce le sentiment d'impunité
Cette affaire met en exergue une problématique récurrente : lorsque des signalements concernant des actes à caractère raciste visant les Maghrébins sont transmis par les voies ordinaires, la majorité d'entre eux restent lettre morte. Il est usant de devoir publier une pléthore d'articles et d'accumuler des millions de vues pour obtenir une réaction en 24 heures et l'interpellation de suspects.
Le traitement judiciaire final, un simple avertissement pénal probatoire et un stage de sensibilisation déconnecté du sujet, nourrit un sentiment d'injustice légitime au sein de la communauté.
Notre rôle : Canaliser et exiger l'application du droit
Contrairement aux accusations d'agitation, c'est précisément le travail de notre plateforme qui permet d'éviter les dérives. La transparence et la visibilité que nous apportons offrent un canal d'expression et d'action institutionnelle à une communauté trop souvent ignorée. Sans cette prise en charge rigoureuse, le risque de voir des individus tenter de se faire justice eux-mêmes face à l'impunité ambiante serait bien plus élevé.
C'est pour répondre à cette exigence de rapidité et d'impartialité que nous développons depuis maintenant six mois l'agent d'IA KORA. Cet outil est conçu pour automatiser l'analyse, l'identification et la constitution de dossiers probants transmis directement et dans des temps records aux autorités compétentes, afin de réduire le risque que des signalements restent sans suite ou insuffisamment documentés.











