« Sale bougnoule », mâchoire cassée, 30 jours d’ITT : Un jeune de 17 ans lynché avant OL-Le Havre, une deuxième agression raciste impliquant des supporters lyonnais
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Une deuxième agression à caractère raciste est dénoncée en marge du match entre l’Olympique lyonnais et Le Havre. Quelques heures avant que l’élue Meriem Bouchedda et son compagnon ne soient à leur tour agressés, un lycéen de 17 ans a été violemment lynché sur le parvis du Groupama Stadium.
Les deux affaires, distinctes, se sont déroulées autour de la même rencontre et sont marquées par des « ratonnades » et des insultes racistes.
« Bougnoules, on va vous tuer » : un jeune de 17 ans lynché avant le match
Samedi 30 août, vers 20 heures, un lycéen de 17 ans sortait avec plusieurs amis de la salle de futsal de l’OL Vallée et traversait le parvis du Groupama Stadium, quelques heures avant la rencontre OL – Le Havre.
Selon le témoignage de sa mère rapporté par Le Progrès, le groupe d’adolescents a croisé plusieurs dizaines de personnes, dont certaines étaient cagoulées et armées de matraques.
Le groupe de supporters Lyonnais a commencé à les prendre à partie et à les insulter.
Les insultes ont rapidement pris un caractère explicitement raciste. D’après la mère du jeune homme, les individus auraient notamment lancé :
« Négros, bougnoules, on va vous tuer. »
Les jeunes auraient alors tenté de fuir. Mais le lycéen de 17 ans n’a pas réussi à leur échapper.
Il a été rattrapé puis lynché au sol, frappé à plusieurs reprises à coups de poing et de coups de pied par plusieurs individus.
Mâchoire et nez cassés, 30 jours d’ITT
Le jeune homme a dû être transporté à l’hôpital après l'agression.
Le bilan médical est particulièrement lourd : mâchoire fracturée, nez cassé, plaies, nombreuses ecchymoses et 30 jours d’incapacité temporaire de travail (ITT).
Sa mère témoigne de la violence de la scène :
« Ils ont failli tuer mon fils, ils l’ont massacré. »
Elle explique également que son fils a besoin de l’intervention d’un chirurgien facial.
La famille a déposé plainte. Une enquête est en cours afin d’identifier les auteurs de cette agression.
Une deuxième agression raciste après le match
Cette affaire prend une dimension particulière puisqu’elle intervient dans un contexte où une seconde agression à caractère raciste est dénoncée autour du même match.
Le lendemain, Meriem Bouchedda, élue à Rillieux-la-Pape, affirme avoir été agressée avec son compagnon alors qu’ils rejoignaient leur véhicule après la rencontre.
Son compagnon a d’abord été insulté à plusieurs reprises, notamment avec le terme raciste « bougnoule », avant d’être roué de coups par plusieurs individus.
L’élue affirme avoir elle-même été violemment frappée en tentant de lui venir en aide. Son t-shirt a été déchiré, ses lunettes cassées et son poignet fracturé.
Son compagnon a également été étranglé pendant plusieurs secondes.
Tous deux se sont vu prescrire 15 jours d’ITT.
L’élue a déposé plainte et la préfecture a confirmé l’ouverture d’une enquête sous l’autorité du parquet.
Deux affaires distinctes, un même contexte
Il ne s’agit donc pas d’une seule et même affaire : deux agressions distinctes sont dénoncées en marge de la rencontre OL – Le Havre, l’une avant le match et l’autre après la rencontre.
Dans la première, un adolescent de 17 ans a été pris à partie par un groupe décrit comme étant des supporters Lyonnais, dont certains membres étaient cagoulés et armés de matraques, avant d’être lynché et grièvement blessé après des insultes telles que « bougnoules » et « on va vous tuer ».
Dans la seconde, une élue et son compagnon ont été pris à partie après le match, avec notamment l’emploi de l’insulte « bougnoule », avant une violente agression physique.
L’OL condamne les violences et ouvre une enquête interne
Informé de ces affaires, l’Olympique lyonnais a condamné « fermement toute forme de violence » et indiqué apporter son soutien aux victimes.
Le club affirme avoir ouvert une enquête interne afin d’établir l’ensemble des faits et assure se tenir à la disposition des autorités et de la justice dans le cadre des investigations.
Les enquêtes devront désormais permettre d’identifier les auteurs des agressions et de déterminer précisément les circonstances de ces deux affaires.
Face à cette ligne rouge, notre communauté doit s’organiser
Deux agressions à caractère raciste autour d’un même match, dont un jeune de 17 ans lynché sur le parvis du stade : cette ligne rouge est désormais franchie.
Nous ne pouvons pas nous contenter de constater les faits après coup. Nous devons nous organiser, faire circuler rapidement les informations et renforcer notre capacité à identifier les victimes comme les auteurs de ces violences.
Se communautariser, c’est aussi ne plus laisser nos victimes isolées. C’est recueillir les témoignages, centraliser les vidéos et les preuves, recouper les informations et permettre une identification plus rapide des personnes impliquées.
Chaque témoin peut avoir un élément déterminant. Chaque vidéo peut permettre d’identifier un agresseur. Chaque témoignage peut aider une victime. Face à des violences racistes d’une telle gravité, notre réponse doit être collective, organisée et déterminée.

