« Ma sœur est voilée et terroriste » : une “blague” islamophobe déclenche une fausse alerte au commissariat de Nevers

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3/22/20262 min read

À Nevers, deux jeunes Français de 19 et 21 ans, non musulmans, ont été jugés en comparution immédiate après avoir déclenché une fausse alerte terroriste fondée sur un amalgame explicite entre voile et terrorisme, rapporte Le JDC.

Amis d’enfance, la jeune femme enroule un voile autour de son visage « pour plaisanter ». Son ami réagit immédiatement en la comparant à « une terroriste ».

Elle le met alors au défi : « Pas cap’ d’appeler le commissariat et de leur dire ça. »

« Elle va se faire exploser » : une mise en scène assumée

Le jeune homme compose le 17 et déclare :
« Ma sœur est voilée et djihadiste, elle va se faire exploser dans Nevers. »

Il insiste ensuite :
« Elle va faire exploser le commissariat. »

Face à cette alerte, l’opérateur applique les protocoles en vigueur en matière de menace terroriste et maintient l’échange afin d’évaluer la situation.

Un rappel brutal des attentats

Lors de l’audience, la présidente du tribunal correctionnel recadre fermement les prévenus :

« Vous vous rappelez que la France a connu un certain nombre d’attentats ? Le Bataclan, ça vous parle ? […] Vous imaginiez que ça n’allait pas être pris au sérieux ? »

Une islamophobie banalisée, portée par un regard extérieur

Le fait que ces deux jeunes Français, non musulmans, aient spontanément associé le port du voile à une menace terroriste démontre un phénomène plus large concernant l’intériorisation d’un imaginaire islamophobe où la visibilité religieuse musulmane devient un signal de danger.

Il ne s’agit pas ici d’auto-dérision, mais d’une projection extérieure, dans laquelle une femme voilée est immédiatement transformée en figure terroriste crédible.

Quand le stéréotype devient scénario plausible

Ce qui frappe, au-delà de la “blague”, c’est sa plausibilité aux yeux de ses auteurs. Le simple fait de mentionner une femme voilée a suffi à construire un scénario jugé crédible, mobilisant immédiatement les forces de l’ordre.

Derrière cet épisode, c’est une réalité plus profonde qui apparaît, celle d’un soupçon diffus, désormais suffisamment ancré pour être utilisé comme ressort de provocation, voire comme base d’un récit terroriste fictif.