« Je vais te violer » « Les Arabes à l’abattoir, qu’on leur coupe la tête » : cyberharcelée et menacée de viol, Lilia Mebarkia décrit un enfer depuis huit mois

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9/4/20263 min read

Une militante d'origine Algérienne, Lilia Mebarkia, a déposé plusieurs plaintes pour des menaces de viol, de séquestration, et pour des dégradations de biens. Cette mère de famille toulonnaise dit subir depuis huit mois ce harcèlement en lien, selon elle, avec son engagement politique.

Depuis quelques mois, Lilia Mebarkia, vit un enfer. Victime de cyberharcèlement de la part d'un compte qui la contacte plusieurs milliers de fois, en la menaçant de mort, de viol et de séquestration.

Tout commence par un discours pour la Palestine

Tout commence en février 2026. Lilia Mebarkia participe alors à une manifestation pour la Palestine. Elle décide de prendre la parole pour le parti dont elle est membre. "Ce jour-là, a priori, des personnes l'ont vue. Comme elle habite Toulon, ils l'ont certainement suivie et ont regardé où elle habitait", précise Aurélien Lacour.

La militante raconte : elle rencontre d'abord l'un de ses voisins, qui lui demande si elle est de LFI. "J'ai été surprise", précise-t-elle à l'époque. Lorsque l'homme s'éloigne, la Toulonnaise remarque qu'il porte alors une veste ornée d'une croix celtique. Le lendemain, début mars, elle part chercher la poussette médicale de son fils handicapé. C'est alors qu'elle s'aperçoit que celle-ci est dégradée, ayant reçu "des coups de couteau dans les quatre roues". "Ce n'est pas anodin", explique-t-elle.

Elle tente de porter plainte, mais se heurte à des policiers qu'elle décrit comme "hostiles". Le lendemain, sa boîte aux lettres est pliée en deux. Puis, elle est réveillée aux alentours de 4 heures du matin par un groupe qui fait un "bazar monstre sous ses fenêtres".

Elle dépose alors une première plainte. Elle se rend également au commissariat et obtient, de la part de quelqu'un qu'elle décrit comme plus compréhensif, plusieurs jours de protection policière. Dans le même temps, elle va également installer des caméras de vidéosurveillance et décide de changer la serrure de sa porte.

« J’ai jamais aimé les sales arabes de merde c’est une maladie cette race de chien »

Puis, début juillet, Lilia Mebarkia commence à recevoir les premiers messages sur ses comptes. "A priori, c'est la même personne qui m'écrit avec plusieurs comptes", précise-t-elle. "J'en ai bloqué entre dix et quinze, avec des menaces de viol, de séquestration, de meurtre... Il a préparé ces faits depuis des semaines, selon ses dires. Et ensuite, il y en a autour de mon engagement politique".

Les messages sont extrêmement violents : « Je vais te violer. » « J’ai jamais aimé les sales arabes de merde c’est une maladie cette race de chien » « Les arabes à l’abattoir qu’on leur coupe la tête. » « On va vous écraser comme de la merde je veux plus voir un arabe en France. »

La mère de famille dépose, de nouveau, une plainte. D'autant que ces mêmes messages font état "de détails précis" autour de "son adresse, le modèle de son véhicule ou certains de ses déplacements". Mais ce dépôt ne change rien à la situation. Et elle va subir un autre événement qui va la pousser à se rendre de nouveau au commissariat.

La militante part, début août, en vacances. Lorsqu'elle revient chez elle, Lilia retrouve son appartement "dégradé et cambriolé", "dans un état catastrophique", surtout au niveau du sol et du mur. Plusieurs objets lui sont volés, comme de l'électroménager ou des aspirateurs.

Elle décide donc de porter plainte. Dans le même temps, comme évoqué plus haut, elle continue de recevoir des messages, de plus en plus violents et de plus en plus haineux.

Un lien direct avec son engagement politique

Lilia Mebarkia estime que les menaces de mort, de viol et la dégradation de sa poussette sont directement liées à son engagement politique. "Dans ces messages, on voit tout de suite le lien politique". La personne en question, qui lui envoie tous ces messages, se revendiquerait d'extrême droite.

"Elle se dit fan de Jordan Bardella, Marine Le Pen, donc il y a un lien fait avec ses messages."

Elle souhaite continuer de s'engager

Ces menaces et ces dégradations ne vont pas empêcher Lilia Mebarkia de continuer à s'engager. "J'ai eu peur, surtout quand on donne des précisions sur mon domicile. En revanche, je n'ai jamais envisagé d'arrêter la politique, mon militantisme politique et même associatif. Ce ne sont pas ces personnes-là qui vont décider qui prendra part, ou pas, à la vie démocratique. Cela ne me fera pas taire et cela ne me censurera pas."

Et du côté judiciaire, la candidate aux élections sénatoriales dans le Var espère que la médiatisation de son cas fera avancer les enquêtes. "Je souhaite que cela soit pris au sérieux, que la police fasse le lien entre tous les faits qui me sont arrivés. Qu'ils fassent le lien, s'il y en a un. Et qu'on retrouve ces personnes."

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