« Comme les croisades, on va vous buter » : un couple dont la femme portait le voile agressé à Combleux

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3/19/20262 min read

Dimanche 15 mars après-midi, jour du premier tour des élections municipales, un couple et leurs jeunes enfants en bas âge ont été victimes d’une agression verbale à caractère raciste et islamophobe dans une commune proche d’Orléans, à Combleux.

L’agresseur, un homme de 57 ans, a été condamné par le tribunal correctionnel d’Orléans.

Les insultes et les menaces ciblées

Alors que le couple se promenait le long de la rivière, l’homme de 57 ans est sorti de son jardin et s’en est pris à eux : « Dégagez d’ici les musulmans ! Vous n’avez rien à faire en France », « Comme les croisades, on va vous buter, on va te buter », « Pédé de musulmans ».

L’agresseur s’est ensuite rapproché de la femme : « Qu’est-ce qu’il y a ? Tu veux que je t’enlève le voile ? » Mais le mari est intervenu. L’homme l’a repoussé et armé les poings, menaçant : « Viens, je vais t’en faire bouffer de l’islam ! »

Une partie de l’altercation a été filmée par la mère de famille et une passante. Un témoin ayant tenté de calmer l’homme a également été insulté : « Je baise ta mère, toi je te baise avec ! »

L’intervention des forces de l’ordre n’a pas suffi à le canaliser, et il a déclaré à un gendarme : « Vous devez servir et protéger d’abord les Français », avant de le traiter de « petit con », rapporte La République du Centre.

Un profil raciste et un taux d’alcool élevé

Ingénieur vivant au Luxembourg depuis vingt ans, l’homme possède une maison de famille dans la commune et était revenu pour voter. Il a reconnu avoir consommé quelques bières, avec un taux d’alcool de 1,44 g/l de sang, et s’est dit agacé par « l’expression de la religion dans l’espace public ».

Les explications de l’accusé devant le tribunal

Jugé mercredi 18 mars après une nuit en détention, l’homme a justifié son comportement par « le contexte en France, les élections, ça peut créer des crispations » : « J’étais énervé, fatigué du voyage. J’ai grandi dans ce village, ce n’était pas du tout comme ça. »

Il a ajouté : « Dans un univers où la liberté devrait être le premier choix des femmes, se recouvrir d’un vêtement qui pose problème dans beaucoup de pays, je trouve ça interpellant. »

La présidente du tribunal a répliqué : « On a l’impression que vous vous réveillez tous les matins avec un défilé de personnes voilées devant votre porte. »

Pour sa défense, l’accusé a évoqué son prétendu mariage avec une Béninoise musulmane et sa prétendue conversion à l’islam, ce qui n’a pas convaincu l’avocate du couple de victimes : « Vous avez traumatisé des gens de façon gratuite ! Vous représentez un racisme décomplexé et dégoûtant. »

Le prévenu a également tenu à s’adresser aux victimes : « Je suis désolé pour ce qui s’est passé. Ils ne m’ont rien fait. Je m’en prends à eux, car le hasard a fait qu’ils passaient devant ma maison. »

La condamnation

Le tribunal a condamné l’homme à un an de prison avec sursis, 1 300 € d’amende et l’obligation de suivre un stage de citoyenneté.

Il devra verser 2 600 € au couple, 650 € au témoin intervenu et 300 € au gendarme. L’accusé dispose de dix jours pour faire appel.